Haïku #100 : Sieste des brebis
Sieste des brebis rousse et bleue la baie herbue m’assourdit l’abeille
Sieste des brebis rousse et bleue la baie herbue m’assourdit l’abeille
Couloir du dolmen où, réfugiée, la fraîcheur des âmes anciennes
Rainettes et roseaux d’un vert égal après la pluie se séparent
Sur la mer les mouches canopée d’algues pourries en fleur les méduses
Cœur, cœur lent, cœur lourd pesante à chaque pas la cloche du marché
Torrent du Huelgoat parmi les flaques le floc des chênes fourbus
Aux dernières abeilles je laisse en paysage la fleur fanée des courges
Colzas heureux papillons de papier blanc déchirés ça et là
Closes mes paupières tout insecte s’époumone toute herbe me pique
Bêtes et buissons de ne savoir vous nommer là mon ravissement
Vlouf entre les roches sans atteindre nos chaussures la mer s’intéresse
La fleur et la chaise apparaissent sur le mur sans encre pourtant
Grappillant des mûres et des plumes de soleil renardeaux à l’aube
Mon vélo sur le trottoir je ramasse des crapauds — Triste averse
Le ciel incertain se décide enfin à louer la chambre de bonne
Des chenilles tissent parmi les épines drues des huttes de soie
Œillet maritime — Un insecte aux ailes rouges chuchote à l’oreille
Un chien de passage haletant vers les falaises — Deux chèvres s’élancent
Attrape un oiseau le chat endormi — Au matin l’ennuie la mouche
Autos de l’automne — Au pied du pont s’enracinent algues et caddies
Vos reflexions