Haïku #1643 : Étoiles minuscules
Étoiles minuscules — Les lentilles de Fresnel loupes de l’âme
Étoiles minuscules — Les lentilles de Fresnel loupes de l’âme
Au pied du vitrail un cierge sans prétention plus haut que les autres
L’hostie impeccable au-dessus des pénitents la nuque brisée
Eau de pluie mon thé eau de mer voici ma soupe jetée l’eau du riz
Sortis des falaises trahissent leur nid les craves crevasse à nos pieds
Ruches contournées bois sec au pied des ajoncs bourgeons à leurs pointes
Le sentier spongieux puis les ronces desséchées un pipit farceur
Endormi longtemps… une aiguille à tricoter jaillit du placard !
Leçon de pudeur un écart égal espace les chatons du saule
Soleil empêché de luire comme l’empreinte du pouce de la lune
Quel mur acquérir ? Locataire des falaises je paie par instants
Paille de la crèche — Tout autour de la mangeoire les premiers agneaux
La branche de saule accrochée à la surface d’un ciel pourtant lisse
Ronces déroulées le missile d’un chant d’oiseau largué sur la lande
Sentiers et ruelles façades et falaises aucun lit pour la sieste
Labours enflammés — Sur l’azur du crépuscule quelques grains scintillent
Aux chevilles des lutteurs les chênes dénouent et lacent des lueurs
Au loin les embruns la bruyère des falaises broutée par l’agneau
L’aigrette élégante cherche des crevettes ses baguettes dans la vase
Vibrations de l’île ses cheveux dans la bruyère ses yeux dans la mousse
Vos reflexions