Écrit par le 4 janvier 2017

   Le poème se souvient. Le poème se souvient que bien avant de s’incarner dans l’écriture il a d’abord grandi grâce aux traditions orales. Il se souvient qu’avant la lettre il a été une succession de phonèmes, de sons progressivement conservés et organisés grâce à des moyens mnémotechniques, tels le vers, la rime, le rythme, la suite logique.

   Dans le poème court japonais, le nombre de pieds prend en compte le redoublement de la consonne, la longueur de la voyelle, l’intégrité du « n' » et la présence, fut-elle fugace, du silence.

   Cette musicalité, lorsque je compose, me paraît indissociable de la raison d’être du poème et les diverses prononciations que propose la langue française, son élasticité, ajoute un temps d’arrêt nécessaire, lors de la lecture, pour comprendre la cadence, le ton profond du haïku.

 

Jamais épuisées
ritournelles des tourterelles
ce jour de pivoines

 

Manches retroussées
une clopinette par-ci
cinquante centimes par-là

 

 

 

Publié dans Notes

Laissez un commentaire